A l’écart de la vallée de l’Hérault, au pied de la Séranne, le village de Brissac est réputé dans la région, ilot de verdure au milieu de la garrigue. Son parc, aux arbres majestueux, est traversé par l’Avèze, rivière alimentée par « cent sources » (Brissac est ainsi nommé dans le cartulaire de Maguelonne en 1270) ; il est un lieu de promenade très fréquenté. Dominant le village, le château et la statue de Notre-Dame du Suc sont les symboles de l’histoire de Brissac.

Cité en 922 sous le nom de Breisach, Breixac, puis Brissiacum en 1073. Nom d’origine gallo-romaine : nom d’une personne ? Les habitants de Brissac s’appellent les Brissagols et les Brissagoles.

De la Préhistoire à l’histoire
Comme tous les causses du Languedoc, la partie nord de la commune, plateau calcaire en prolongement du Larzac, a été occupée depuis l’époque paléolithique, à la faveur de l’existence des avens et grottes qui parsèment le territoire. En témoignent de nombreux vestiges : dolmens de l’Arboussède (marqués « tombeaux celtiques » sur les cartes), abris chalcolithiques de Coupiac et du Moulin Neuf… La grotte-résurgence de l’Avencas est un site archéologique réputé où ont été découverts des vases entiers, de décoration rare, datant du néolithique récent (ce site a été fermé pour éviter des pillages).

Vers la fin du IIIème siècle avant J.C., les Volques Arécomiques, peuplade d’origine celtique, imposent la première organisation du territoire : de nombreux noms de lieux remontent à cette période.
Dès Ier siècle avant J.C., ils pactisent avec les Romains. Dans la plaine de Coupiac, a été localisé, au lieu-dit les Awabres, un établissement gallo-romain, qui pourrait avoir abrité un four de potier (présence de briques romaines vitrifiées).

L’entrée de Brissac dans le Moyen-Age est marquée par la construction du château (donjon Nord, vers 1020, tour Sud vers1077). La seigneurie de Brissac est une possession des Assalit, un clan militaire, allié à la famille d’ Anduze. Brissac est alors une des seigneuries les plus importantes (on y rendait la justice pour Ganges). Le château est bâti sur l’emplacement de l’ancienne église paroissiale (Saint-Hilaire, située à Brissac-le-Haut), à charge, pour le seigneur Pons d’Agonis, d’agrandir la chapelle bénédictine située près de la rivière, qui devint l’église Saint-Nazaire et Saint-Celse.
Au cours du XIIème et XIIIème siècle, trois autres églises et chapelles furent édifiées : l’église paroissiale de Saint-Etienne d’Issensac, la chapelle de Notre-Dame du Suc, déjà lieu de pèlerinage et la chapelle Saint-Jacques de l’hôpital de Valboissière administré par l’ordre du Saint-Esprit, étape sur le chemin de Compostelle.

Pendant plusieurs siècles, la seigneurie de Brissac est tombée en indivision, par suite des alliances et des héritages. Le château, qui subit quelques transformations, est pratiquement inoccupé par ses propriétaires successifs ; mal entretenu, il est laissé à l’abandon.

François de Roquefeuil rachète, en 1592, la totalité de la baronnie de Brissac qui reste propriété des Roquefeuil jusqu’en 1819. Ils font des aménagements qui donnent au village son aspect actuel (construction de l’aile ouest du château, construction de la papeterie, constitution et aménagement du parc), mais, bien avant la Révolution, ils sont ruinés et délaissent le château.

Economie, agriculture et industrie
Au cours du XIXème siècle, la papeterie devient un élément important de l’activité économique et sociale, de même que la sériciculture : élevage du vers à soie dans les magnaneries (situées dans l’étage supérieur des maisons qui ont conservé, à Brissac-le Bas, leurs petites fenêtres et parfois les cheminées de coin), fabricants de bas ayant de petits métiers, brodeuses à domicile, ouvrières dans les filatures de Ganges et de Cazilhac.

La viticulture se développe au début du XXème siècle : dans les années 20, la cave coopérative est construite au fond du Parc (transformée, en 1991, en salle des rencontres).
Ces activités vont disparaître progressivement au cours de la deuxième moitié du XXème siècle. La papeterie ferme en 1966, le nylon remplace la soie, entrainant l’arrêt progressif des filatures, la crise viticole a pour conséquence l’arrachage massif des vignes.
La population passe de 807 habitants en 1901 à 285 en 1982.

Brissac dans le XIème siècle
Les trente dernières années voient la renaissance de la commune de Brissac. La restauration réussie du château entreprise par son nouveau propriétaire donne en quelque sorte le signal de ce renouveau. Les mas dispersés sur le territoire de la commune sont à nouveau habités. Le village et le hameau de Coupiac s’agrandissent. L’amélioration du réseau routier permet, certes, de vivre à la campagne et de travailler à Montpellier. Mais Brissac n’est en rien une ville dortoir ! Les viticulteurs s’orientent vers des produits AOC et bio. Les habitants investissent dans le secteur des activités de plein air et de tourisme, favorisées par la situation privilégiée de ce village. De nombreuses associations très dynamiques interviennent dans des domaines sportifs, culturels et environnementaux. La construction, en 2005, d’une école moderne traduit cette ouverture vers l’avenir.

Autour de Brissac... en randonnant :

- Le sentier de l’eau : Balade champêtre à la découverte de patrimoine historique et hydraulique de Brissac.
- Le Bois de Long : Sur les premières pentes de la montagne de la Séranne, promenade dans les bois sur les traces d’habitat préhistorique.

Retrouvez toutes les randonnées du Sud Cévennes sur le carto-guide "Autour de Ganges et Sumène".


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