Le château de Montoulieu apparaît pour la première fois dans le cartulaire de Gellone en 1156, sous l’appellation de "Castrum de Monteolivo". Il s’agit de l’acte le plus ancien indiquant la présence d’un château sur le lieu de Montoulieu, le mont des Oliviers. En 1205, il est mentionné dans le cartulaire de Maguelone. Jusqu’au début du XVIIIe siècle, on le rencontre assez fréquemment dans le Liber de Memoriam, dans le pouille... Cette fréquence est surtout due à l’importance des seigneurs locaux.
La famille de Montoulieu s’est particulièrement illustrée dans les métiers d’armes, rendant en cela hommage à son appartenance à la noblesse de robe et à son ancienneté. Sur les 5 fils de Pierre de Montoulieu, 3 firent des carrières militaires. Théophile qui releva la seigneurie de Montoulieu et qui fut seigneur de Saint Hippolyte de Caton, de Saint Jean de Ceirargues, de Teillan devint capitaine au régiment de Normandie, chevalier de Saint Louis. Son frère Louis obtint le grade de général major des armées du roi de Prusse et David fut nommé général de Bataille des armées de Sardaigne. Claude, lainé, émigra en Hollande.

Derrière cette internationalisation des Montoulieu transparaît la conversion de cette famille au protestantisme.

A partir du début du XVIIe siècle, l’histoire du château ne peut plus être dissociée de celle de l’avancée du protestantisme dans les Cévennes et le Bas Languedoc. A partir de 1624, la région de Saint Hippolyte sombre dans les Guerres de Religion et le Château de Montoulieu offre une position avantageuse. Il permet de surveiller la route de la Cadière. En 1626, les religionnaires s’étaient en effet défendus depuis ce château et avaient harcelé les troupes royales, certainement avec la bienveillance des propriétaires. La même année, sur les ordres du Cardinal de Richelieu qui souhaite mettre au pas la noblesse provinciale trop virulente, le château subit un démantèlement. Les Tourelles sont abattues.

Pierre de Montoulieu, seigneur de Saint-Hippolyte de Caton, défenseur de la RPR avait accueilli en son château, qu’il semblait ne plus habiter*, des camisards en déroute. Montrevel, commandant des troupes royales en Languedoc, agacé par le soutient de la famille de Montoulieu aux camisards ordonna l’arrestation de ce puissant seigneur. Il l’accusa d’avoir reçu dans son château des camisards en déroute le 24 décembre 1703. Le château fut brûlé sous les yeux de son propriétaire et cet épisode marqua la fin de l’occupation de cette bâtisse et certainement celle du village qui eut, au cours des Guerres de Religion, de nombreuses mésaventures.
(* il semblerait que dès la fin du XVIIe siècle, la famille de Montoulieu n’habitait déjà plus le Château qui aurait été abandonné au profit d’une autre résidence plus moderne, plus représentative de sa position sociale enviable, le château du Caton à Saint-Hippolyte. Aussi, même si ce château est incendié au début du XVIIIe siècle, il reste un château médiéval n’ayant reçu, selon nous, que de faibles améliorations et peut-être même peu d’entretiens. Ce principe a toujours prévalu pour la noblesse d’épée languedocienne. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, cette noblesse ancestrale s’installe dans les plaines et délaisse ses anciennes possessions élevées. Ce fut le cas de nombreuses familles alliées aux Montoulieu.)

LE CHÂTEAU :
Sur la "carte du diocèse d’Alais levée par ordre des États en 1781" Le Castellas est représenté à l’aide d’un figuré de ferme au même titre que le Carme, le Moulinas, le Mas Doumergue, l’Escalière, la Plaine et Pradines. Seules, la Devèze et la Vielle apparaissent comme des bâtiments plus importants. Cependant, nous possédons la certitude que le Castellas n’était déjà plus habité à cet époque.
Douze ans plus tard, un inventaire dressé par un évêque à des fins de connaissance, des propriétaires saisies au titre des Biens Nationaux, décrit le château de Montoulieu sous la forme de ruines massive envahies par les taillis. Ce texte énumère les quelques éléments encore visibles du Château à cette époque :

  • Une tour, d’assez belle taille ouvrant à l’Ouest,
  • Une autre tour située à l’extrémité Est du site
  • Quelques pièces écroulées,
  • Une muraille imposante en surplomb de la route de la Cadière,
  • Une rampe d’accès au château amenant à une porte derrière laquelle se tenait un petit édifice assez bien conservé,
  • Une chapelle avec sa maison curiale attenante.

Les seules descriptions fiables du château dont nous disposons émanent de sources militaires. L’ordonnance de Richelieu en 1624 avait entraîné, comme on a pu le dire précédemment, la destruction de deux tourelles. Cependant, il n’est pas mentionné leur localisation exacte, ni même leurs formes. Où étaient elles situées ? Etaient-elles rondes ou rectangulaires. La seule certitude concerne leur caractère défensif. Dans le rapport d’exécution conservé aux Archives du Ministère de l’Armée, leur localisation n’est pas précisée. On peut supposer qu’elles se situaient à proximité des remparts qui apparemment entouraient un vaste terrain et peut-être même la Chapelle.

LE VILLAGE :
Au pied des remparts du Château, s’étendait un petit village composé d’environ six ou sept maisons. Le même ecclésiastique que précédemment le décrit en ruines et ne parvient qu’à "grand peine à distinguer des rues et des alignements". On peut penser que le Village a été abandonné consécutivement à l’incendie du château. En effet, le 14 janvier 1704, le maréchal de Montrevel fait publier une ordonnance qui contraint les habitants du lieu de Montoulieu (...) "de remettre, dans les trois jours, les denrées comme grains, foins, vin, huile, chair, sel et autres choses servant à la subsistance à Saint-Hippolyte, à peine d’être pillés, leurs maisons brûlées et la prison".
Sans la protection du Château, les habitants de Montoulieu n’avaient plus guère de raison de reconstruire le Village qui a certainement souffert de l’incendie du Château en 1703 et des destructions probables de 1704. De plus, la plaine était plus attractive, elle n’obligeait plus les paysans à effectuer les déplacements quotidiens depuis le village pour aller aux champs.

Cet Historique du Château de Montoulieu, certes bien incomplet en l’absence de sources probantes, résume assez bien la trajectoire que connurent certains villages languedociens, en particulier du Nord-est de l Hérault. L’adhésion des élites (noblesses d’épée) et parfois même des populations locales au protestantisme a fortement modifié la destinée de ces communautés villageoises. Le cas de Montoulieu ne diffère pas de celui des villages alentours, il propose même, à une échelle réduite, un modèle Historique pour tout un territoire à repenser.

Source : Mairie de Montoulieu