Une chapelle romane et un pont gothique
Construit au Moyen Âge à une date inconnue, probablement au XIVe siècle, le pont de Saint Etienne-d’Issensac, appelé autrefois pont de Saint-Estève, enjambe l’Hérault à proximité de l’ancien prieuré du même nom, annexe de celui de Saint-André-de-Buèges. Comme souvent à cette époque, il a peut-être remplacé un pont en bois. Saint-Etienne-d’Issensac était sous l’Ancien Régime, une paroisse d’environ 70 habitants, formée de plusieurs métairies. L’église romane était alors église paroissiale, elle est toujours vouée au culte avec 2 messes par an. L’ancien presbytère qui la jouxte est en grande partie ruiné, comme
l’ancienne chapelle voisine qui servait déjà d’écurie et de pailler au XVIIe siècle, et le cimetière, clos d’un mur.

Un lien entre bas pays et Cévennes
Le pont de Saint-Etienne permet au chemin qui relie Saint-Jean-de-Buèges à Valflaunès de franchir l’Hérault, mais également de rejoindre depuis la rive gauche du fleuve la route de Saint-Guilhem à Ganges. Au Moyen Âge, les deux ponts les plus proches de Saint-Etienne sont, en aval le pont du Diable reliant les abbayes de Saint-Guilhem et d’Aniane (XIe siècle) et en amont celui de Cazilhac, ou Pont Vieux de Ganges (XIVe siècle).

Un ouvrage d’art fragile
Comme tous les ponts médiévaux, destinés au passage des piétons, des bêtes de somme et des animaux, le pont de Saint-Etienne est construit à dos d’âne, avec des pentes raides. Bâti en petit appareil de pierre de taille et en tuf, provenant certainement de carrières proches, il était composé à l’origine de cinq arches en plein-cintre. Des avant-becs et des arrière-becs triangulaires, éperons qui, grâce à leurs faces en biais, permettent un passage progressif de l’eau, s’élèvent jusqu’au parapet du pont et peuvent servir de refuge aux piétons. Le pont, fondé directement sur le rocher calcaire, mesure environ 60 m de long, sa hauteur maximale est de 13,35 m, sa largeur totale de 2,90 m avec des parapets de 0,70 m de large. Sa charge est limitée à 3 tonnes depuis 1952.

À la fin du XVIIe siècle, le pont en très mauvais état fait l’objet de restaurations importantes. Les deux voûtes latérales sont
réparées ainsi que les garde-fous et le pavement qui est refait sur 50 m « en bons pavés de rivière posés de pointe ». Au milieu du XVIIIe siècle, à l’occasion des grands travaux effectués au « chemin des Cévennes du côté de Ganges », de nouvelles réparations sont entreprises à la culée, à l’une des piles, aux petites arches et aux arrière-becs de la grande arche…

C’est certainement lors de la campagne de restauration de 1801 que la petite arche (côté Brissac) qui est alors en partie écroulée, est remplacée par un mur. Celle qui se trouvait du côté du prieuré est murée à une époque indéterminée. Au début des années 1860, époque à laquelle sont effectués de grands travaux de rectification des routes, le pont de Saint Etienne est une nouvelle fois restauré. L’administration envisage un temps de le reconstruire entièrement, étant donné son état de délabrement et sa conformation peu adaptée au trafic des véhicules de plus en plus important. Il n’est en fin de compte que restauré, et le sera encore plusieurs fois au cours du XXe siècle, au point qu’il ne doit rester de nos jours que peu de maçonneries d’origine médiévale. Le pont de Saint Etienne d’Issensac est classé monument historique le 4 novembre 1948. A partir de cette date, les travaux de restauration sont réalisés sous l’autorité de l’Architecte en chef des Monuments Historiques.

Source : Conseil Général de l’Hérault. http://www.herault.fr/files/gcausse/Depli_St-Etienne.pdf