180 habitants 1843 hectares

Saint Roman de Codières est une vaste commune montagneuse (de 200 à 900m d’altitude) faite de hameaux et de mas isolés. Ils sont situés en fonction de l’existence d’une source d’eau, et de l’ensoleillement, dans l’immensité boisée. Les roches sont le schiste, le granit, le grès ou le calcaire, toutes les maisons en sont issues, ce qui donne l’harmonie du paysage.

Détail historique
En 51 av. Jésus Christ, il y avait un « castrum », place forte construite par les légions romaines. Puis les wisigoths, les francs et les arabes (sarrasins) l’occupèrent.

Au Moyen âge, Saint Roman est rattaché au pays d’Hierle, qui allait jusqu’à Meyrueis. En 970, on cite un château érigé par les Bermond d’Anduze et de Sauve, conservant une tour bâtie probablement par les sarrasins et qui existe encore.

Au XII°siècle, les 3 vallées, le Savel, le Vidourle et le Recodier, abritaient comme aujourd’hui la plupart des habitants, dont les terres étaient « de libre et pleine propriété ». On en vint plus tard aux lois féodales. L’église a probablement été édifiée au milieu du XII° siècle. Les périodes suivantes furent tumultueuses, c’est ce qu’en retient l’Histoire : les pillages de Grandes Compagnies, une révolte des paysans en 1380, puis les violentes guerres de religion.

En 1568, l’église est ruinée, exactions et massacres accompagnent la guerre, la peste, les famines… Mais la vitalité reprend le dessus, l’église est rebâtie deux fois, on retombe dans la répression et les soulèvements reprennent avec la déportation des populations.
L’apaisement arrive au XIX° siècle. Un temple est bâti à Bourras, la tour est restaurée, les mas aussi, la prospérité revient et la population atteint 600 habitants. La soie est une industrie en plein essor.

Au XX° siècle, pour moitié catholiques (surtout la vallée du Recodier) et moitié protestants (surtout la vallée du Vidourle), les gens vivent de châtaigniers, pour son fruit, son bois et son tanin. Ils vivent aussi de la tonnellerie, de l’élevage des brebis et des chèvres que chaque maison possède. Il y a aussi 3 cafés, 3 écoles, des transports de charrette, et l’agriculture. C’est une vie rude mais prospère, dont les Anciens parlent volontiers aux nouveaux venus. Pourtant, comme partout, une sévère période d’exode rural vide le pays. Quelques jeunes gens s’installent dans des maisons vides en 1970, mais le pays est en profonde mutation, c’est une situation difficile.

Saint Roman aujourd’hui
Vers 1990, une forte expansion démographique inverse le courant avec l’arrivée de jeunes familles. La population double, on amène l’eau dans les maisons, les routes s’élargissent, les chemins sont goudronnés, les voitures s’améliorent. Les professions moins agricoles et davantage tertiaires, parfois hors du village s’adaptent. Mais on cultive encore l’oignon doux sur les traversiers (bandes de terres soutenues par des murets en pierres sèches) on élève des brebis pour la viande d’agneau (3 bergers ont leurs pâturages ici), on bâtît en pierre, et il y a des artisans et artisans d’art. Les quelques associations, bien implantées, jouent chacune un rôle rassembleur : le comité des fêtes, les chasseurs, Aïka solidaire, etc…

Si l’on s’installe ici ou si l’on choisit de passer ses vacances, c’est avant tout en recherche de quelque chose d’essentiel issu de la grande beauté de la nature partout présente, le calme et l’unité des constructions, la diversité de la faune et de la flore (on recense une soixantaine d’espèces d’arbres et arbustes, et environ 70 espèces d’oiseaux dont une dizaine de rapaces). La population dans son ensemble défend vigoureusement ce charme aujourd’hui vulnérable. Elle y est relayée par les services de l’État qui émettent des recommandations strictes, soucieux de sauvegarder ces richesses précieuses mais fragiles.

Autour de St Roman de Codières...en randonnant :

-* Le Col de la Pierre Plantée : A partir du vieux village et de sa tour carrée, promenade jusqu’au col de Pierre Plantée où se dresse un menhir néolithique.
-* Le Col des Fosses : Randonnée sur la montagne du Liron avec ses chemins de transhumance millénaires et ses menhirs.

Retrouvez toutes les randonnées du Sud Cévennes sur le carto-guide "Autour de Ganges et Sumène".